« Rien ne ressemble à une âme comme une abeille,

elle va de fleur en fleur comme une âme d’étoile en étoile,

et elle rapporte le miel comme l’âme rapporte la lumière. »

Victor Hugo

 

     Pendant plusieurs millénaires et jusqu'au début du XVIIIème siècle, le miel fut la principale source de sucre pour l'homme. En moins de trois siècles, sa consommation s'est tellement réduite au profit des autres variétés de sucres, qu'elle en est devenue statistiquement négligeable ! Belle preuve que le progrès n'est pas toujours bon...

     Le miel, le sucre de canne et le sucre de betterave constituent la famille des glucides, appelés également hydrates de carbone, étant donnée leur composition chimique. Pour faire court, on les sépare en deux formes : les monosaccharides (constitués de sucres simples, dont le glucose et le fructose) et les polysaccharides (associations moléculaires : saccharose et amidon). Seuls les sucres simples sont directement assimilés par l'organisme, sans digestion préalable, sans aucune transformation. Les sucres composés, eux, doivent etre transformés avant leur assimilation en sucres simples.

     Le miel, composé de sucres simples (fructose et glucose), est donc immédiatement absorbé par l'organisme sans qu'il ait besoin d'etre digéré.

     Les sucres simples passent dans le sang, absorbés par les minuscules vaisseaux sanguins qui tapissent les villosités de la paroi intestinale ; ils se rassemblent dans la veine porte qui les conduit jusqu'au foie. Les sucres sont alors transformés en glycogène (une molécule de glycogène pouvant contenir 100 000 molécules de glucose), disponible alors pour les cellules de l'ensemble de l'organisme, en particulier les muscles et le cerveau.

     Le métabolisme des glucides est controlé par plusieurs hormones, en particulier l'insuline secrétée par le pancréas. Elle permet de faire passer le glucose du sang dans les cellules abaissant par conséquent la glycémie (teneur du sang en glucose). Dans le cas d'un dysfonctionnement du pancréas, la sécrétion d'insuline diminue , ce qui entraine une hyperglycémie, faute d'une absorption cellulaire suffisante : c'est le mécanisme du diabète.

     Le seul sucre qui ne nécessite pas l'intervention de l'insuline pour etre assimilé est le fructose (appelé également lévulose). Ce n'est pas pour cela qu'il est possible aux diabétiques de consommer du miel, car il est riche également en glucose (ou dextrose) pour l'assimilation duquel l'insuline doit nécessairement intervenir. On peut juste tolérer une consommation modérée de miel d'acacia (le plus riche en fructose) par les diabétiques légers.

Le miel est le fruit de la Nature, incroyable don, regorgeant de mille bienfaits.

     L'abeille-ouvrière devient butineuse vers son 21ème jour, et le restera pour la durée de sa vie. Elle vole de fleur en fleur, aspire le nectar avec sa trompe, remplissant son jabot, avant de revenir vers la ruche. Cette eau sucrée est alors régurgité pour etre absorbé par une autre abeille restée à la ruche, qui le régurgite à une autre, et ainsi de suite... Cette circulation du nectar d'abeille en abeille concentre peu à peu le nectar en éliminant l'eau ; le nectar devient alors miel. Merveilleuse cohésion sociale qu'est leur société !

Le miel sera alors entreposé dans les alvéoles de la ruche, où les abeilles vont lui donner sa forme définitive : c'est la période de maturation, qui dure de 3 à 4 jours selon la température à l'intérieur de la ruche. Les abeilles se relayeront pour effectuer une bonne ventilation en battant des ailes, afin que la concentration en eau soit minimale, et que le miel ne fermente pas.

Il sera donc composé de 20% d'eau (parfois moins, mais jamais au-delà de 22%), 75 à 79 % de sucres (70% de sucres simples et 5 à 9% de saccharose), et de 1 à 5 % de protéines, sels minéraux, oligo-éléments, vitamines, enzymes, etc...

La couleur du miel dépend du nectar dont il est issu : du blanc (pour le miel de trèfle) au noir (sapin).

De meme, les essences aromatiques différeront selon les variétés : miel du gatinais qui est neutre, miels très aromatiques (thym, lavande, romarin...).

Le gout sera individuel ou régional... Le préféré des enfants est le miel d'acacia, à la saveur douce et le gout pas trop marqué.

Il peut etre fluide ou solide, avec une cristallisation progressive dans le temps. Par contre, il ne faudra jamais le chauffer, car il perdrait alors ses propriétés.

Avant tout, le miel procure de l'énergie, de par sa quantité de glucides. Ceux-ci, comme nous l'avons vu plus haut, sont directement assimilables, et permettent un effort quasi immédiat. Les sportifs donc en utiliseront avant, pendant et après leur compétition, car le miel fortifie leurs muscles, augmente leur endurance, favorise leur récupération.

Le miel est tout à fait indiqué pour les nourrissons et les enfants, pour lesquels il sera facile d'incorporer une cuiller de miel dans leur eau de biberon à la place du sucre raffiné (blanc), ou dans leur yaourt... Il a la capacité de favoriser la fixation des sels minéraux (calcium, magnésium...), ce qui est essentiel durant la croissance.

Le miel a des propriétés laxatives douces. Les personnes constipées se porteront mieux en remplaçant le sucre par une cuiller de miel. De plus, il combat les fermentations ; il est donc utile pour les intestins.

Le miel ralentit les processus physiologiques du vieillissement et s'oppose à l'affaiblissement prématuré des fonctions vitales.

Le miel active la cicatrisation des brulures et des blessures ; à utiliser en usage externe, directement sur la plaie.

Le miel est bien connu pour atténuer les irritations de la gorge, lorsqu'on le laisse fondre lentement dans la bouche, ou en gargarismes.

Le miel a également les propriétés de la plante dont le nectar initial a été produit.

Pour les personnes nerveuses, angoissées, pour les insomnies, les angines de poitrine, les hypertensions et artérioscléroses : miel d'aubépine.

Pour les infections urinaires, cystites et prostatites, les infections intestinales ou les rhumatismes : miel de bruyère

Pour les personnes anémiées, fatiguées, asthéniques, ou qui veulent prendre du poids : miel de chataignier

Lors des affections des voies respiratoires : miel d'eucalyptus

Pour les hépatiques, ou les personnes fatiguées, asthéniques, surmenées : miel de romarin

Lors des maladies infectieuses : miel de thym

On trouve désormais des produits de beauté au miel ; nous n'avons rien inventé car les femmes romaines et grecques connaissaient ses propriétés adoucissantes et s'en servaient couramment pour la beauté de leur peau !

Le miel est un produit noble, qui devrait mériter sa place à notre table et dans nos habitudes alimentaires, avec toutes fois, une sagesse et un équilibre que l'on connait...

La diététique est une affaire de bon sens.

 Une consommation insuffisante entraine une fatigue générale, un amoidrissement de la résistance physique, un dégout pour l'effort, une constante frilosité... Les glucides sont indispensables à l'organisme.

Par contre, une consommation excessive de sucres congestionne le foie, fatigue le pancréas, provoque des caries dentaires, conduit à l'obésité et peut provoquer le diabète.

Salomon, roi des Israélites, qui régna de 971 à 931 avant notre ère, disait : "Il n'est pas bon de manger beaucoup de miel" (Bible, Proverbes 25)