Le Dr Jean-Pierre Poinsignon est rhumatologue. Son livre commence par le récit d'une conversion : la sienne, quand, lassé par vingt ans d'exercice traditionnel d'une rhumatologie décourageante, il fut contraint à une révision radicale par la démonstration expérimentale évidente que lui fit une de ses patientes...

Il a ainsi découvert la relation entre les rhumatismes et l'alimentation. Il nous livre 10 astuces pour améliorer notre confort articulaire :

1) Je m’hydrate. La substance la plus importante d’une articulation est le cartilage articulaire, fait de 75 % d’eau ! Le conseil numéro un pour améliorer l’état les articulations est celui d’une hydratation suffisante.

2) Je mange beaucoup de fruits et de légumes crus. Le cartilage est structuré par  des fibres de collagène, qui est une protéine nécessitant de la vitamine C pour sa fabrication solide. (cru ou le moins cuit possible, puisque la chaleur de cuisson détruit la vitamine C.)

3) Je fais de lexercice. Les cellules qui fabriquent les cartilages ont besoin d’être stimulées mécaniquement pour le produire, c’est-à-dire qu’il faut du mouvement pour avoir un cartilage de bonne qualité ; le troisième conseil doit donc être celui de marcher, courir, sauter….en fait de « bouger » puisque les articulations sont faites pour s’articuler.

Je pratique une activité sportive pour le seul plaisir personnel. Le plaisir de pouvoir bouger son corps est la seule justification du sport humain. Le sport de compétition avec ses relents agressifs ou nationalistes, le sport professionnel et ses dollars,le culte de la douleur, de la sueur narcissique ou du résultat glorieux sont néfastes pour les articulations de l’appareil locomoteur. Gloire « olympique » ou arthrose, tel est le choix dont il  faut savoir prendre conscience.

4) Je diminue ma ration de produits laitiers. Il est de plus en plus notoire que les produits laitiers animaux contiennent des protéines hormonales et de croissance spécifiques aux différentes espèces de mammifères. Les laits des animaux ne sont pas interchangeables… Les structures autour des articulations (tendons, ligaments, capsules, os) payent un lourd tribut au déni de cette évidence biochimique… non commerciale il est vrai.

5) J’écoute mon intestin. Il n’existe pas de bonnes articulations sans bon fonctionnement intestinal, tous les troubles du transit occasionnent tôt ou tard des altérations des structures articulaires et bien évidemment des problèmes de santé et du mouvement du corps.

articulations : Douleur dans le corps d'un homme. Isolé sur fond blanc. Collage de plusieurs photos

6) Je prends conscience de la nécessité vitale du soleil sur l’être humain diurne que je suis. Sans tomber dans les outrances, ni les cabines à UV une activité physique au soleil devient la source de production de la vitamine D.

Véritable hormone de santé, la vitamine D agit sur l’os, les muscles, donc sur toute fonction articulaire.

7) Je me méfie du sur-cuit, des grillades, les fritures et je diminue les températures de cuisson quitte à augmenter les temps de cuisson, j’en profite pour jeter à la déchetterie mon four à micro-ondes et j’achète un cuit-vapeur douce. Les « molécules de Maillard » créées par les hautes températures de cuisson sont toxiques pour toutes les cellules humaines et les articulations.

La consommation de fruits (hors agrumes) et d’alliacées (ail, oignon, poireaux) a démontré un fort effet protecteur contre le développement d’arthrose dans l’os de la hanche. Au contraire, la consommation de frites et de pommes de terre sautées a été associée à un risque beaucoup plus élevé.

Or, les alliacées (ail, oignon, poireau) améliorent la circulation sanguine, en particulier dans les vaisseaux les plus fins comme les capillaires. Ce serait par ce biais qu’ils protègeraient de l’arthrose.

8) Je limite ma consommation d'aliments favorisant la glycation, qui déclenche la dégénération du cartilage et l'inflammation dans l'articulation.

La «glycation» est le phénomène au cours duquel du glucose se lie de façon irrémédiable à des protéines constitutives de vos tissus, ce qui peut empêcher ces protéines de fonctionner normalement.

Les protéines « glyquées » se forment proportionnellement à la quantité de glucose dans vos tissus, qui elle-même dépend de la façon dont on réagit à l’insuline. Il s’en trouve aussi dans votre alimentation : c’est le «grillé» si délicieux des mets dont on raffole, comme les pommes de terre sautées, les frites, la peau de poulet rôtie, des côtes d’agneau au barbecue…

C’est pourquoi ces modes de cuisson sont malheureusement peu recommandés si vous souhaitez vivre longtemps et surtout en bonne santé.

Cette théorie est appuyée par le fait qu’il existe une corrélation entre la gravité de l’arthrose et le niveau élevé de protéines glyquées dans le cartilage.  En effet, les récepteurs de protéines glyquées déclenchent une augmentation de l’activité catabolique des cellules inflammatoires, et notamment la production de cytokines et d’enzymes dégradant la matrice du cartilage, qui est faite de fibres de collagène. Un cycle d’inflammations se déclenche dans le corps, ce qui nuit fortement au cartilage.

9) Je suis prêt à changer d’habitudes mais de manière progressive donc durable. Le plaisir alimentaire repose sur mes goûts alimentaires issues de ma culture. Mes certitudes dans le choix de ces aliments devraient s’appuyer sur une meilleure connaissance de ceux-ci et non plus jamais sur un discours et des conseils mercantiles.

10) Je consulte un médecin en cas de douleurs articulaires spontanées ou à l’effort et j’exige de lui un diagnostic précis et non pas celui d’une vague « douleur rhumatismale à cause de mon âge » ou d’une « tendinite » fourre-douleur commode de facilité . Je recherche surtout un traitement de la cause et non un médicament cache-misère du symptôme que je lui exprime.

 

 

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